Bienvenue dans la cours des grands !

Après l’école primaire vient le collège. Quelle merveilleuse période qu’est l’adolescence ?

On pourrait penser que c’est un passage heureux. Eh bien non, ce fut pire que la primaire. Je m’étais dit qu’en allant dans une école différente la vie le serait aussi. Ce n’était pas le cas. Mon histoire et mon passé avaient traversé la petite école pour arriver dans la grande. C’était comme une transmission de pouvoirs. J’avais une faiblesse et tout le monde le savait.

Le mythe des belles années collèges était cassé.

Merci les clubs de sport de la ville. Je n’étais plus la risée d’un petit établissement. Le collège était un endroit très grand qui comptait plus d’élèves que le cours élémentaire. Il y avait des étudiants qui venaient de différents endroits. On devait être plus de 800. Jamais je n’avais croisé autant de monde en un jour.

Bref, c’est à ce moment-là que tout a dégénéré.

Ce n’était plus, un jeu, ou pas, mais le début de l’enfer. On penserait qu’en grandissant les gens changerait et deviendrait plus responsables, réfléchis. Je ne m’attendais pas à cela. Quel que soit l’âge, la classe, tout le monde savait, qui j’étais et que me dire lorsque je faisais mon apparition. Je ne pouvais pas passer une journée sans entendre, “Peggy la cochonne», «gros naseaux». Personne ne pensait à ce que cela pouvait provoquer. C’est l’âge ingrat, que voulez-vous !

J’avais très peu d’amis.

Une fille traînait avec moi assez souvent. On parlait ensemble, les matins étaient rythmés par le salut. Cette amitié me faisait oublier ce qui ne se passait pas bien l’espace de quelques minutes. Je ne me doutais pas que ça ne se déroulerait pas comme je l’imaginais.

Elle avait des soucis personnels et on en parlait de temps en temps. Au bout de quelque temps, j’étais allé pour la première fois chez elle pour dormir. C’est courent entre amies. À ce moment-là il y avait pas mal de soucis mais, je n’étais que témoin de la situation.

Ne pouvant rien faire, je ne faisais qu’approuver ce qu’elle me disait.

Je n’aurais jamais dû. C’était une erreur. J’ai été naïve. Quelques jours plus tard, je l’attendais devant le portail du collège. C’était sa mère qui était venue me voir pour me demander des explications. Elle m’accusait d’entraîner sa fille dans des bêtises, or, ce n’était pas mon genre. Je lui répondais que je n’étais pas responsable, mais, rien n’y fut. Elle resta persuadée que cela était de ma faute. Sa fille avait dû lui raconter des mensonges pour se couvrir. Ce n’était pas la première fois. J’ai tenté en vain de demander des explications à cette amie, en vrai, par message, par appel. Aucune réponse de sa part.

À cause de mon insistance, la direction avait dû intervenir. Depuis ce jour, je n’ai aucune affirmation de sa part. Même si je sais que c’est bien un mensonge qu’elle aurait raconté à sa mère pour éviter le conflit. Ou lui dire quel était le problème qui était réel et complexe. Cette amitié fut rompue à jamais.

Je n’avais donc plus d’amis en sixième.

J’étais la cible des moqueries constantes de mes camarades de classe ainsi que les autres. Cette année marquait aussi le début de mon adolescence, la découverte de la vie, mon corps. Une grande étape dans la vie. C’est là que je m’étais plongée dans la musique. J’avais eu mon premier portable, un Sony Ericsson éditions tecktonik. Il était fourni avec des musiques du style. Pour ne pas entendre ce qui se disait, je mettais mes écouteurs et de la musique. C’est quelque chose qui aide beaucoup et encore aujourd’hui mon amour pour la musique reste intact.

Mais, à part cela il s’était aussi passé des choses.

On est jeune et on ne sait pas trop ce que l’on fait parfois. J’étais allé en week-end à la plage et j’y avais découverts le corps masculin. Je n’avais rien fait de spéciale. J’ai pu observer celui-ci et le toucher un peu comme de la science.

Cela devait rester secret, mais il ne fallut que peu de temps pour que les personnes présentes dans mon établissement en soient au courant. Cela était devenu un nouveau sujet de moquerie. «Tu coucherais pour un mars ?», « Pour combien tu coucherais ?»… Les garçons prenaient plaisir à poser ce genre de questions et se marraient lors de ma réponse. Je ne savais pas comment ils avaient pu le savoir. Le pire étaient les élèves de troisièmes ils prenaient un malin plaisir à me demander si j’avais bien touché un phallus. J’avais beau dire non, cela n’arrêtait pas leurs questions.

 

Un midi, ils continuèrent à me déranger avec cette histoire.

Ne cessant de leur dire non, ils finirent par aller voir un surveillant pour lui raconter ce que j’avais fait. Il me fit aller dans le bureau de la vie scolaire pour qu’on puisse parler de la situation à l’abri des regards indiscrets. J’ai avoué les faits et ai fini en larmes. Je suis rentré à la maison pour la fin de la journée. Cela n’avait rien arrêté. Les gens se contrefichaient de l’effet de leur connerie. Le plus important pour eux était de se marrer en me regardant souffrir de la connerie humaine.

Après plusieurs années, je m’en rappelle encore, comme si ça avait eu lieu hier !

Toute cette première année d’école était rythmée par ce genre de choses.

Je ne pouvais y échapper. Après, les seuls moments de répit étaient lorsque je n’étais pas en cours, malade ou que je n’étais pas bien et que je faisais appeler quelqu’un pour venir me chercher. Quand j’avais trop mal au ventre, signe que je n’étais pas bien en cours, j’allais à l’infirmerie pour qu’on vienne me chercher.

Je n’aimais pas l’école donc pour être bien, je me concentrais sur autre chose. Je passais mon temps à jouer, procrastiner, écouter de la musique. Le soir, avant de dormir, je me racontais des histoires que je me créais. J’adorais m’inventer des mondes imaginaires pour ne pas penser à ce qui se passerait le lendemain.

Plonger dans un monde imaginaire fait tout oublier !

Je ne disais rien de ce qui se passait. Il y avait des codes sociaux et si je ne les respectais pas cela aurait été pire. Si j’avais raconté la situation, on serait allé voir la direction ou autres et les élèves m’auraient traité par la suite de balance et la situation aurait dégénéré. Il n’y avait pas encore les réseaux sociaux ce qui a évité bien des choses.

Je pouvais donc avoir une vie normale à la maison et penser à autre chose.

C’était une période que je n’ai pas appréciée. Je ne travaillais pas, restais sur mes acquis. Je participais en classe pour m’occuper et me concentrer sur le cours.

Même en cours, il y avait des élèves qui se moquaient de moi. Ils ne pouvaient pas s’en empêcher. Il m’arrivait aussi de me prendre des boulettes de papier parce qu’il n’y avait rien de mieux que de jouer avec des sarbacanes en classe.

Une chose qui était bien, c’est que le matin, je ne prenais pas le bus.

La contrepartie était que j’arrivais en avance. Être là, avant l’ouverture du portail signifiait problèmes. Dès que j’arrivais, on me regardait. J’étais comme une bête de foire.

Forte, heureusement, j’avais ma musique pour m’évader. Cela n’empêchait rien, mais, comme je n’entendais pas, je ne risquais pas d’être atteinte par ce qui se passait. La musique était devenue mon moyen de survie numéro un.

 

Fais ce que je dis, pas ce que je fais!

 

Cette expression prenait tout son sens lors de cette année de sixième. Je me souviens que les troisièmes n’étaient vraiment pas très sympas. Je ne les aimais pas. Toute occasion était bonne pour rigoler de moi. Un jour j’ai voulu me rebeller, ce n’est pas facile à cet âge.

J’avais donc fait un doigt d’honneur à un petit groupe qui se jour-là se trouvait être en salle de permanence avec moi. Cela c’était passé dans le couloir avant de rentrer dans la salle. Je ne me souviens plus de ce qu’ils avaient dit mais, agacé j’avais fait un doigt et je m’étais fait engueuler. En gros, eux pouvaient me dire toutes les choses de leur envie et je devais me taire, rester de marbre. Je devais subir et laisser passer cette connerie. J’avais donc laissé ces personnes me reprendre sur ma soi-disant connerie pour ensuite retourné dans la salle. Par la suite je crois que le surveillant avait dit quelque chose mais c’est assez flou.

 

J’étais aussi naïve à cet âge.

Ça m’avait causé un problème avec les mêmes troisièmes. Des élèves de ma classe avaient trouvé un numéro et m’avaient emprunté mon portable pour trouver à qui il appartenait. Ils m’avaient convaincu de continuer à discuter avec cette personne pour la blague. Avant de le faire, je n’étais pas trop pour mais, ayant envie de me socialiser j’avais sauté le pas. À un moment la personne au bout du fil m’avait demandé des informations. Je m’étais donc fais passer pour une des élèves de troisièmes. Elles l’avaient su quelques jours plus tard et m’étaient tombés dessus. Il y avait eu une course-poursuite et j’avais dû m’excuser.

La finalité de cette histoire c’est que ma naïveté ne m’avait servi à rien. Les élèves qui m’avaient convaincu de faire ça faisaient partie de ceux qui se moquaient de moi et cela ne les avait pas arrêté. Ils s’amusaient toujours à m’appeler «Peggy la cochonne» et autres.

 

Je ne m’étais pas fait d’amis du tout. Heureusement qu’il y avait les vacances. C’était deux mois sans soucis et deux mois d’amusement ou presque.

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